Des papiers, des p'tits papiers

Bourses Erasmus et Aquimob

give me some money

Énième et dernier dossier à compléter avant mon départ à l'étranger, mais que je ne rechignerai pas à remplir : le dossier pour les bourses Erasmus. Après avoir passé plusieurs dizaines d’heures durant plusieurs mois à remplir des formulaires, centraliser des documents, numériser des papiers et signer des bas de pages, je ne m’attendais pas à ce que cela soit bien plus compliqué. C'était sans oublier sur des pérégrinations bancaires, très importantes, car le RIB donné lors de cette procédure ne peut être changé par la suite. Bref, une longue histoire… qui finit bien 🙂

Là encore, de nombreux papiers sont demandés… mais pas beaucoup plus que ceux précédemment demandés Image d'illustration Des papiers, des p'tits papiers Après avoir choisi Lund, restait-il de nombreux obstacles à parcourir pour y accéder : la paperasse. Petit guide pour ceux qui vivront le déluge pour le dossier de candidature au sein de l’université de Bordeaux, ce qui facilite l’affaire ! CV, lettre d’acceptation, passeport… Des papiers qui ont déjà dû être réalisés, ou seront prochainement reçus. L’occasion là aussi de faire le point sur les dispositifs existants, les points d’attention, et la procédure, pour rendre un peu moins anxieuses les personnes qui vont s’apprêter à passer par cette étape.

⚠️ Attention cependant, en Aquitaine, les demandes de bourse pour une mobilité internationale sont toutes centralisées au sein d’un même dispositif, nommé Aquimob, afin de faciliter les démarches pour les étudiants, et d'éviter qu’un même jeune puisse cumuler plusieurs dispositifs. Les propos ci-dessous ne concerneront donc probablement pas des étudiants d’autres régions.

Bourses disponibles

Quand on parle de « bourse Erasmus », il faut bien savoir de quoi l’on parle : d’une aide à la mobilité, financée par l’Union Européenne, aux échanges / mobilités étudiantes au sein des pays faisant parti du programme (c’est-à-dire l’Union, mais également des pays proches de l’Union comme l’Islande, la Norvège ou la Turquie). Cette aide n’est qu’une aide, et non un financement complet, mais il faut avouer qu’elle participe grandement aux frais du voyage à l'étranger. Néanmoins dans la théorie, elle se cumule avec d’autres bourses et aides proposées par les administrations publiques, comme les bourses du CNOUS, l’aide au mérite, ou même l’aide à la mobilité internationale. Dans la théorie.

Car plusieurs régions ou universités ont préféré centraliser l’argent des bourses afin d’interdire le cumul, et de les redistribuer à plus d'étudiants. Ainsi, au lieu qu’un étudiant boursier puisse cumuler sa bourse, l’aide au mérite, l’aide à la mobilité internationale et une bourse Erasmus (ce qui pourrait presque être rentable !), la région Nouvelle-Aquitaine a décidé en 2007 de tout regrouper au sein d’une commission et d’un dispositif, nommé Aquimob, avec l'énorme avantage de tout centraliser en un dossier unique, une commission choisissant ensuite quelle bourse serait attribuée à chacun (même pour les mobilités hors Europe !). Ainsi, l’argent est distribué à plus d'étudiants, qui peuvent ainsi profiter de quelques centaines d’euros par mois qui — il faut l’avouer — compense grandement le coût de la vie et de l’installation dans d’autres pays.

Passons rapidement sur les bourses disponibles en Nouvelle-Aquitaine, et leurs conditions, pour l’année 2020–2021 :

bourse (organisme) Montant Conditions
Aide à la mobilité internationale (Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) 400 € / mois, entre 2 et 9 mois Être déjà boursier du CROUS
Bourse Erasmus+ (études) 250 à 350 € / mois (selon le niveau de vie du pays), entre 3 et 12 mois À partir de la L2, pour une mobilité en Europe
Région Nouvelle Aquitaine (études) De 700 € à 2 900 €, selon la durée d'études Nécessite un avis d’imposition dans la région
Bourse Erasmus+ (stage) 400 à 500 € / mois (selon le niveau de vie du pays), entre 2 et 12 mois À partir de la L2, pour une mobilité en Europe
Région Nouvelle Aquitaine (stage) 80 € à 100 € / semaine, pendant au moins deux semaines Nécessite un avis d’imposition dans la région

L’Université de Bordeaux proposait des bourses d’excellence « IDEX » pour ses meilleurs étudiants, ainsi que ceux, comme moi, en parcours international Image d'illustration Une nouvelle aventure Alors que nous vivons une pandémie mondiale, je vais partir en Erasmus à Lund (Suède) pour ma L3. L’histoire d’une nouvelle aventure. … mais celles-ci ont été supprimées cette année, pour des raisons budgétaires entend-on.

Il faut également savoir que ces bourses restent sous critères sociaux, à savoir l’avis d’imposition de la personne à charge. Pour ma part, cela a été mes parents ; mais il peut s’avérer judicieux d’envoyer son propre avis d’imposition si l’on est totalement détaché de ses parents au niveau fiscal.

D’autres collectivités territoriales proposent des bourses, qui peuvent ponctuellement se cumuler avec les dispositifs ci-dessus. De nombreux départements, ruraux souvent, sont par exemple généreux avec leurs habitants, complétant à leur niveau le montant d’une bourse. Ainsi, la Dordogne offre entre 460 € et 1 220 € (en une fois) pour un séjour Erasmus de plus de trois mois, les Landes jusqu'à 312 € par mois, les Pyrénées-Atlantiques jusqu'à un millier d’euros… Ce n’est pas une spécificité aquitaine : 600 € voire 1 000 € en Mayenne… Cela peut même être le cas de certaines villes ; l’occasion de négocier avec son ou sa maire…

Le dossier

Le dossier Aquimob se compose de documents administratifs classiques pour une telle demande de bourse : pièce d’identité, l’avis d’imposition, le relevé d’identité bancaire, la lettre d’acceptation de l’université d’arrivée, le certificat de scolarité de l’université de départ, mais aussi la notification de bourse CROUS, un CV, et un formulaire répétant les mêmes informations que dans les autres papiers (#efficacité). En raison de la crise sanitaire, j’ai pu envoyer ces papiers en ligne… mais la bureaucratie française fait qu’il faut normalement les envoyer sous format papier, car supposément plus simple à gérer que des fichiers PDF (ça se comprend).

Un point d’achoppement a quelque peu fait traîner la procédure de mon côté. Souhaitant changer de banque, il a d’abord fallu… changer de banque, avant de pouvoir envoyer quelconque dossier. La raison de mon changement de domiciliation de mon argent sera partagée dans un prochain épisode (spoiler : les frais bancaires), mais j'étais ainsi contraint d’attendre pour avoir le relevé d’identité bancaire, naturellement obligatoire pour un tel dossier.

Mais cela n’est pas bien grave, et il faut dans tous les cas attendre. La première commission à statuer sur les demandes de bourse n’a de toute façon lieu qu’en septembre — après les décisions définitives d’attribution de bourses par le CROUS. Ce qui implique que les étudiants partiront en mobilité sans même savoir s’ils auront une bourse ou non. Cela nous avait été très clairement indiqué dès les premières réunions, en septembre dernier, alors que nous ne savions pas encore quelle destination nous voudrions prendre. Et même si 90 % des étudiants faisant la demande obtiennent une bourse, le nombre de bourses attribué reste tout de même limité… et la DRI demande d’avoir les reins solides, même sans les bourses, dépitée d’avoir eu des étudiants revenir en urgence par manque de moyens financiers à la suite d’une absence de bourse (ou d’autres problèmes d’ordre financier ou familial). Pour ma part, comme dit dans le précédent article, je pouvais notamment compter sur ma bourse du CROUS et mon aide au mérite, qui restent valides — car je suis toujours officiellement étudiant inscrit administrativement à l’Université de Bordeaux — et qui m’apportent une légère sérénité.

De l’impact de la crise sanitaire

La crise du coronavirus Image d'illustration Coronavirus : l'ascenseur émotionnel Jeudi soir, le Président a annoncé la fermeture à venir des universités en raison de l'épidémie. Récit de 24 heures folles à la fac. aura tout de même eu une conséquence relativement désagréable. Même si les étudiants ayant été touchés de plein fouet par le coronavirus et ayant dû finir leurs cours à distance ont pu continuer de toucher leurs bourses, ce n’est pas le cas cette année. Ceux dont les études commencent à distance, comme pour toutes les destinations hors Europe — l’Université de Bordeaux ayant en juin annoncé qu’elle annulait les mobilités internationales hors Europe prévues, en raison de la crise sanitaire —, ne pourront prétendre à une bourse de départ en mobilité, n'étant pas… en mobilité. Ils seront pourtant considérés comme en échange international, suivant les cours et les ressources de leur université partenaire, espérant pouvoir venir sur site au printemps prochain [même si ça semble facheux, ndlr] lorsque la situation s’améliorera. Certains suivront des cours des États-Unis ou de Hong Kong, malgré le décalage horaire, mais pas d’aide à la mobilité, car pas de mobilité.

Une étudiante est allée à Munich, pour apprendre là-bas que les cours seront finalement tous en ligne, la situation s'étant trop dégradée en Allemagne pour pouvoir dispenser des cours en présentiel. D’après les règles établies par les différents financeurs, elle serait donc partie, aurait trouvé un logement, payé une caution, des billets d’avion, etc. pour rien, le tout à ses frais. Je ne sais pas si un arrangement a pu être trouvée avec elle.

Heureusement, ceux qui auront eu au moins un cours en ligne n’auront pas à rembourser les bourses déjà obtenues (pour un semestre au moins ?) ; les financeurs n’ayant pas voulu changer la règle précédente qui indique qu’un passage des cours en ligne en milieu d’année, en raison de la crise sanitaire, serait une « force majeure » qui n’imposerait pas à l'étudiant le remboursement des sommes. L’an dernier, une amie de Nottingham en Erasmus à Bordeaux s'était vue demander de rembourser la bourse Erasmus dont elle bénéficiait, avant que le British Council, l’institution gouvernementale qui s’occupe de ce dossier, rétropédale sur le sujet. Les étudiants ne sont pas responsables de la crise sanitaire, qui entraîne un surcoût considérable pour tout le monde.

Banco !

Un mois après être arrivé en Suède, j’ai reçu à la mi-septembre la décision finale : j’ai une bourse — l’aide à la mobilité internationale — qui va se cumuler avec ma bourse CROUS et mon aide à la mobilité, ce qui permettra de subvenir à presque toutes mes dépenses durant l’année. Le coronavirus aura fait que les rares personnes ayant pu partir pour une mobilité sur campus dès cet automne ont pu accéder à une bourse ; la problématique se reportera donc sur les futures demandes de bourse pour une mobilité durant le semestre de printemps uniquement… si la situation n’empire pas d’ici là.

La bourse aura été le dernier dossier à remplir avant mon départ, une étape tout de même grandement facilitée par le dispositif de la Nouvelle-Aquitaine qui évite d’avoir à remplir plusieurs dossiers. Ce formalisme réalisé, il ne me reste plus qu'à prendre une pause dans l'été… et à me concentrer sur toutes les autres notions extrascolaires, qui me prendront également pas mal de temps. Banque, assurance, téléphone, voyage… À suivre dans le prochain épisode !

Le bâtiment de l'administration de l'Université de Lund, à Lund.

Le bâtiment de l'administration de l'Université de Lund, à Lund.

Photographie d'Adrien
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